Bibliothèque de l'Alcazar

Bibliothèque de l'Alcazar - Salle de conférence

Le 22/09/2022

De 13h00 à 14h30

gratuit
sur réservation

Intervenante·s

Portrait de Miriam Teschl
Porteur de projet

Miriam Teschl

Economie

Portrait de Miriam Teschl
Modérat•eur•rice

Miriam Teschl

Economie

Portrait de Joël Guiot
Intervenant•e

Joël Guiot

Sciences physiques

Portrait de Michaël Schwarzinger
Intervenant•e

Michaël Schwarzinger

Médecine

Portrait de Michèle Leclerc-Olive
Intervenant•e

Michèle Leclerc-Olive

Sociologie

Le point de départ de cette table ronde est l'idée selon laquelle nous vivons dans un monde d'incertitude. Non seulement nous ne savons pas nécessairement quels événements peuvent se produire à court et à long terme, mais même si nous avons une idée des événements possibles, il peut être difficile d'associer des probabilités précises à ces événements.

Qui aurait pu penser que, depuis plus de deux ans, nous aurions à vivre avec un nouveau virus, qui a provoqué une nouvelle maladie et une pandémie mondiale ? Comment savoir exactement comment le changement climatique peut modifier notre vie, y compris sur le plan social et économique ? Et qu'en est-il des événements que nous n'envisageons même pas, compte tenu de l'incertitude ?

Est proposé ici de questionner la manière de voir les changements qui se produisent au fil du temps. La difficulté est que si nous ne savons pas quels événements vont se produire et même si nous le savons, si nous sommes incertains sur la probabilité qu'ils se produisent, comment peut-on les mesurer ? Il peut être suffisant d'observer certains changements dans le temps, de comparer le présent au passé et d'observer quels événements se produisent le plus souvent et lesquels moins au fil du temps. Cependant, il peut y avoir des dimensions autres que le temps que nous devons prendre en compte pour pouvoir juger si ces événements s'accélèrent ou décélèrent, cette dynamique étant une indication possible de savoir si les événements nous sont bénéfiques ou néfastes.

À la lumière de l'incertitude, sont abordées ici les raisons des actions possibles et des comportements individuels et collectifs qui pourraient être appropriés.

 

Image : © DR

productions ayant inspiré l'événement

Baunez C., Degoulet M., Luchini S., Pintus P., Teschl M. (2021) : Tracking the Dynamics and Allocating Tests for COVID-19 in Real-Time: an Acceleration Index with an Application to French Age Groups and Départements. PLoS ONE, June 1st
https://doi.org/ 10.1371/journal.pone.0252443

Baunez C., Degoulet M., Luchini S., Pintus M., Pintus P., Teschl M. : The Acceleration Index as a Test-Controlled Reproduction Number: Application to COVID-19 in France (2020)
https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.12.01.20241570v3

Baunez C., Degoulet M., Luchini S., Pintus P., Teschl M. : Are Epidemiological Indicators Misleading under Uncertainty? An Evaluation and a Remedy from An Economic Perspective, SSRN working paper (2021)
https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3790026

structures porteuses

Aix Marseille School of economics-AMSE (AMU/Centrale Marseille/CNRS/EHESS)

En savoir plus

Téléphone portable du porteur

Partant du constat épistémique que l'incertitude est au moins pour partie irréductible, nous allons nous interroger sur l'unité de mesure de la perception des phénomènes en accélération ou décélération dans le temps. Nous prendrons l'exemple de la pandémie du COVID-19, mais voulons aussi nous interroger sur la perception des effets du changement climatique qui s'inscrivent eux dans un temps plus long, ou alors sur la perception des effets qui, suite à l'incertitude dans laquelle nou

Texte front

Le point de départ de cette table ronde est l'idée selon laquelle nous vivons dans un monde d'incertitude. Non seulement nous ne savons pas nécessairement quels événements peuvent se produire à court et à long terme, mais même si nous avons une idée des événements possibles, il peut être difficile d'associer des probabilités précises à ces événements.

Qui aurait pu penser que, depuis plus de deux ans, nous aurions à vivre avec un nouveau virus, qui a provoqué une nouvelle maladie et une pandémie mondiale ? Comment savoir exactement comment le changement climatique peut modifier notre vie, y compris sur le plan social et économique ? Et qu'en est-il des événements que nous n'envisageons même pas, compte tenu de l'incertitude ?

Est proposé ici de questionner la manière de voir les changements qui se produisent au fil du temps. La difficulté est que si nous ne savons pas quels événements vont se produire et même si nous le savons, si nous sommes incertains sur la probabilité qu'ils se produisent, comment peut-on les mesurer ? Il peut être suffisant d'observer certains changements dans le temps, de comparer le présent au passé et d'observer quels événements se produisent le plus souvent et lesquels moins au fil du temps. Cependant, il peut y avoir des dimensions autres que le temps que nous devons prendre en compte pour pouvoir juger si ces événements s'accélèrent ou décélèrent, cette dynamique étant une indication possible de savoir si les événements nous sont bénéfiques ou néfastes.

À la lumière de l'incertitude, sont abordées ici les raisons des actions possibles et des comportements individuels et collectifs qui pourraient être appropriés.

 

Texte libre

Suivant l’argumentaire de la 3e édition du festival des sciences sociales, nous reprenons les mots-clés notamment de la pandémie du COVID-19, l’incertitude et l’accélération. Depuis presque deux ans maintenant, nous travaillons sur la pandémie du COVID. L'élément central de notre réflexion est l’incertitude et son irréductibilité. Cette posture épistémologique nous a conduit à nous interroger sur ce qu’on peut et veut savoir en temps de pandémie, surtout avec un pathogène d’un virus jusqu’alors inconnu et sans savoir, dans un premier temps, sa capacité de se propager et les conséquences sanitaires qu'il pouvait avoir. Une réponse à cette question était de dire que ce que nous voulons savoir est si la pandémie, c’est-à-dire la propagation du virus, accélère (et donc potentiellement cause plus de dégâts) ou décélère (c’est-à-dire qu’elle peut être contrôlée), notamment suivant des décisions de santé publique. Pour pouvoir savoir ceci, nous avons montré dans nos travaux (Baunez et al 2020, 2021 a, b), que ce n’est pas l’expérience d’un temps calendaire qui va pouvoir nous le dire, mais un effort de diagnostic (par exemple en réalisant des tests). Ce n’est ainsi pas le temps qui est l’unité de mesure pertinente de l’accélération, mais c’est l’effort employé pour trouver les cas. Il ne suffit ainsi pas de compter les cas au fur et à mesure du temps, car les cas n'apparaissent pas ex machina dans notre connaissance ou savoir. Il nous faut une stratégie de détection de cas. Dit autrement, il faut aller chercher les cas pour mieux comprendre l'épidémie. Pour l'épidémie Covid-19, les tests sont un outil de détection des cas et ce sont donc ces tests qui peuvent servir d’unité de mesure pour l’accélération : plus on teste et plus on trouve des cas, plus la pandémie accélère ; plus on teste et moins on trouve des cas, plus la pandémie décélère et sera sous contrôle.

Pour ce festival, nous proposons donc de discuter sur le constat épistémologique de l’incertitude et de nous interroger sur l’unité de mesure des phénomènes d’accélération/décélération que nous pouvons expérimenter dans le temps. Nous prenons comme exemple la pandémie mais nous orientons aussi nos réflexions sur l'application de nos recherches au "temps long" du changement climatique. Quelle est l’unité de mesure pour le changement climatique ? Est-ce qu’il nous suffit d’observer que la température monte, que des phénomènes climatiques plus sévères apparaissent avec le temps ? Nos recherches sur l'épidémie ainsi que ce détour par le changement climatique devraient nous permettre d'aborder la question plus générale d'appréhender la question de l'incertitude et de sa dynamique, et de comment orienter nos efforts pour mieux cerner cette incertitude irréductible. Plus concrètement, comment savoir ce que nous devrions regarder si on ne sait pas encore ce que sera demain.

 

Pour discuter de ces questions, nous proposons d’organiser un panel de discussion avec quelques chercheur·es en épidémiologie, en philosophie et en sciences sociales, ainsi que du climat (intervenant·es à confirmer si la proposition est acceptée)

Commentaires ou remarques
Mes collègues Stéphane Luchini (CNRS, AMSE) et Patrick Pintus (CNRS, AMU, AMSE) seront également présents.

Tous les participants sont disponible le 22 septembre.
Email du porteur
miriam.teschl@ehess.fr
Evénement continu
Non
Evénement filmé
On
Interprété en langue des signes française
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